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samedi 21 mars 2009
Par Vincent le samedi 21 mars 2009, 09:54 - Actualité





mardi 24 février 2009
Par Comité de mobilisation le mardi 24 février 2009, 12:44 - Débats
Le Comité de Mobilisation de L'ENS LSH vous convie, dans le cadre de ses ateliers-débats, à une table-ronde hors les murs autour des rapports entre littérature et politique. Deux interventions permettront de lancer la discussion
Sarah Al Matary: "Anti-intellectualisme et identité nationale: les racines du discours sarkozien sur l'éducation"
Jean-Marie Gleize: "A aucun titre" à propos de l'affaire Tarnac
Mercredi 25 février à 17h
Librairie A plus d'un titre (4, Quai de la Pêcherie, Métro Hôtel de Ville)
lundi 9 février 2009
Par Comité de mobilisation le lundi 9 février 2009, 15:30 - Documents et liens
Adresses de quelques sites Web pour suivre la mobilisation localement et nationalement.
vendredi 6 février 2009
Par Comité de mobilisation le vendredi 6 février 2009, 14:44 - Actualité
Lundi 9 février
8h30, ENS LSH : rendez-vous dans le forum pour organiser la mobilisation
11h, ENS LSH : Assemblée Générale dans l'Amphi
Mardi 10 février
9h30, ENS LSH : Assemblée Générale des personnel-le-s BIATOSS dans l'Amphi
13h30, Rue de la République : action "freeze" entre la Fnac et le McDo proposée par les étudiant-e-s mobilisé-e-s de l'IEP
14h, Place des Terreaux : Manifestation Enseignement Supérieur et Recherche. La manifestation se rendra au Rectorat en passant par la place Bellecour et la rue de Marseille. Rendez-vous à 13h30 dans le forum pour un départ collectif.
16h, Lyon 3, Amphi Roubier (15 quai Claude Bernard) : Assemblée Générale inter-sites
17h, ENS LSH : Discussion autour de la mobilisation actuelle et de ses enjeux, salle F105
Jeudi 12 février
11h, ENS LSH : Assemblée Générale dans l'Amphi
jeudi 5 février 2009
Par Vincent le jeudi 5 février 2009, 18:00 - Actualité
dimanche 4 janvier 2009
Par Comité de mobilisation le dimanche 4 janvier 2009, 13:54 - Actualité
Lundi 5 janvier
Mardi 6 janvier
Jeudi 8 janvier
dimanche 7 décembre 2008
Par Comité de mobilisation le dimanche 7 décembre 2008, 16:07 - Actualité
Les étudiants et enseignants mobilisés de Lyon 2, réunis en Assemblée Générale jeudi 4 décembre, ont adopté le manifeste "Lyon capitale de la résistance" lancé par le Comité de Mobilisation de l'ENS LSH.
Rejoignant les propositions du Comité de Mobilisation de l'ENS LSH et les décisions de l'AG de Lyon 3 de ce même jeudi, ils appellent à participer à une Assemblée Générale commune des établissements lyonnais mercredi 10 décembre sur les quais, ainsi qu'à la manifestation unitaire de tous les secteurs de l'éducation mercredi 10 décembre à 18h (départ Place Bellecour).
vendredi 5 décembre 2008
Par Comité de mobilisation le vendredi 5 décembre 2008, 14:24 - Actualité
"Le Conseil d'Administration de l'ENS LSH, réuni en séance plénière le 26 novembre 2008, s'inquiète des conditions dans lesquelles est mise en oeuvre la réforme de la formation des professeurs des écoles, des collèges et des lycées.
Il proteste contre un calendrier qui oblige les Universités à prévoir pour 2009-2010, dans la précipitation, l'application d'une réforme des concours dont le contenu n'est connu que depuis le 17 octobre dernier.
Il s'oppose à toute réforme ayant pour effet de réduire dans les concours la part des savoirs disciplinaires en vue d'un allègement des épreuves qui ne fera qu'abaisser le niveau de formation des futurs enseignants.
Il observe avec inquiétude les effets que la "mastérisation" des concours pourra produire sur les masters de recherche qui sont actuellement des éléments moteurs de la vie intellectuelle et scientifique de l'ENS LSH.
Il demande que soit respecté le caractère national de tous les concours de recrutement pour l¹enseignement secondaire, assorti d’un lien explicite entre la réussite aux concours et l’accès, après un stage de titularisation, à un poste et un statut de fonctionnaire d’État.
Il s'associe à la demande d'un moratoire sur la réforme, déjà exprimée par de nombreuses universités et associations, afin que puisse s'ouvrir une large procédure de consultation."
Motion également adoptée par l'Assemblée Générale de l'ENS LSH du mardi 25 novembre 2008
Par Comité de mobilisation le vendredi 5 décembre 2008, 12:12 - Actualité
Manifeste rédigé par le Comité de Mobilisation de l'ENS LSH
"Nous, étudiants, personnels et enseignants des établissements d’enseignement supérieur de Lyon, réunis en Assemblée Générale, désirons porter ce manifeste à la connaissance des autres secteurs de l’enseignement, et de l’ensemble de la société.
Depuis plusieurs années, et plus violemment encore depuis dix-huit mois, la droite au pouvoir multiplie les attaques contre l'enseignement élémentaire, secondaire et supérieur.
Ces soi-disant réformes sont injustes. Elles sont motivées idéologiquement par une vision profondément inégalitaire de la société et une conception purement utilitariste de l'Education, inspirée d’un néo-libéralisme dont l’échec est pourtant désormais patent. Dictées par des logiques d’économie à court terme, dont les premières victimes sont les élèves et les étudiants issus des classes populaires, elles se traduisent notamment par une réduction du nombre d’heures de cours au lycée, un allongement de la durée des études universitaires sans accompagnement financier, et une mise en concurrence accrue des universités et des formations.
Ces soi-disant réformes sont absurdes. Elles ont pour conséquence une désorganisation profonde de l’Education Nationale, qui se manifeste par la disparition du tronc commun dans les lycées au profit de savoirs fragmentaires et étriqués, par la restriction des formations au contenu de manuels scolaires imposés par la hiérarchie au détriment d’une compréhension critique de ces savoirs, enfin par la disparition du stage rémunéré pour les futurs enseignants, remplacé par des formations aussi courtes qu’inadéquates.
Ces soi-disant réformes sont brutales. Elles sont imposées sans concertation ni plan d’ensemble, alors que dans le même temps les signes de répression se multiplient à l’égard de ceux qui protestent : occupation des facs par les CRS et les gardes mobiles l’année dernière, descentes de gendarmerie dans les collèges et manifestations interdites en ce début d’année. Cette brutalité a pour seul avantage d'exprimer plus franchement encore le mépris du gouvernement tout autant que sa volonté d’éviter toute forme de dialogue, autrefois dissimulée sous des mascarades de négociations.
Face à cette reprise en main autoritaire du secteur de l’éducation, nous appelons à une résistance globale. Faisons obstacle à l’élaboration des maquettes préparant la masterisation des concours de l’enseignement. Refusons collectivement d’appliquer les réformes. A tous les niveaux, bloquons la mise en place de l’ensemble de ces mesures rétrogrades, par les moyens jugés adéquats par les lycéens, les étudiants, les personnels et les enseignants. Faisons connaître nos revendications auprès de l’opinion publique par des manifestations, des actions collectives, et la diffusion d’une information alternative. Créons, enfin, des réseaux de solidarité et organisons la convergence de nos luttes par la mise en place de Comités de Coordination locaux, en sachant ne pas nous arrêter à des revendications de corps, mais en exigeant ensemble ce que nous pensons être, pour tous, les meilleures solutions.
Il s’agit aujourd’hui d’entrer en résistance pour refuser un modèle de société injuste, inégalitaire et liberticide. Ceci étant dit, la résistance ne suffira pas. Pour passer à l’offensive, il nous faut désormais élaborer en commun le contre-modèle d’une école publique, laïque et démocratique."
Par Comité de mobilisation le vendredi 5 décembre 2008, 11:57 - Actualité
Les réformes actuellement engagées par le gouvernement confirment le réveil d'un sentiment ancien de haine de la culture. La connaissance connaît des heures sombres: les attaques contre l'organisation des concours, le statut des fonctionnaires et les humanités rappellent celles portées par les anti-Lumières de la fin du XIXe siècle. Contre ces réformes obscurantistes, mettons nos habits de lumière et manifestions notre mécontentement à l'occasion de festivités de ce week-end. Ne brillez pas par votre absence, rejoignez-nous!
Rendez-vous samedi 17h00 Place de la République pour une action de sensibilisation auprès du grand public
Action appelée par le Comité de Mobilisation de l'ENS LSH et les AG des quais de Lyon 2 et Lyon 3
mardi 8 janvier 2008
Par Comité de mobilisation le mardi 8 janvier 2008, 14:34 - Actualité
Jeudi 10 Janvier
Jeudi 17 Janvier
Mardi 22 Janvier
Jeudi 24 Janvier
Jeudi 31 Janvier
Par Comité de mobilisation le mardi 8 janvier 2008, 14:33 - Actualité
COMMUNIQUE COMMUN des fédérations de l’Education FERC-CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA-Education Grève le 24 janvier 2008
Les fédérations de l’Education FERC-CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA-Education se sont réunies le 19 décembre. Elles constatent qu’en dépit de leurs interpellations les revendications portées par les personnels lors de la grève du 20 novembre n’ont reçu aucune réponse, qu’il s’agisse des suppressions d’emplois ou des diverses mesures annoncées en matière d’éducation.
Le gouvernement persiste dans une politique qui compromet l’objectif de la réussite de tous les jeunes. Et tout montre que les établissements les plus fragiles verront leurs difficultés accrues, les inégalités s’accentueront, l’offre de formation sera réduite, restructurée comme dans l’Enseignement Professionnel. Les personnels verront leurs conditions de travail se dégrader un peu plus et la précarité s’accentuera encore. A cela s’ajoute le contentieux commun à tous les fonctionnaires (salaires, carrières, statut…). Cette situation implique de poursuivre et amplifier la mobilisation.
C’est pourquoi elles appellent les personnels à porter leurs revendications en participant massivement avec les autres fonctionnaires à la grève et aux manifestations du 24 janvier et en débattant des suites. Elles les appellent également à développer la campagne d’opinion lancée avec les parents d’élèves, les jeunes, les associations et les mouvements pédagogiques.
Paris le 19 décembre 2007
La FAEN consulte ses instances et donnera sa réponse dans la journée du 20 décembre.
jeudi 27 décembre 2007
Par Comité de mobilisation le jeudi 27 décembre 2007, 17:41 - Débats
2 tribunes parues dans la presse cette semaine, qui tordent le cou aux justifications type "oui mais la loi Pécresse ne fait qu'appliquer les recettes qui marchent aux Etats-Unis". Si on avait eu ça au débat du 18, ça nous aurait permis de faire taire Morvan en deux-deux et de passer enfin au fond du débat...
Oubliez Harvard !, par Pierre Gervais
LE MONDE | 26.12.07|
Le débat autour de la loi Pécresse sur les universités souffre d'un malentendu fondamental, résultat d'une ignorance profonde en France de tout ce qui tient aux Etats-Unis. Malheureusement, ce malentendu est entretenu par tous ceux qui voient dans les projets actuels un programme néolibéral d'américanisation de l'enseignement supérieur. Disons-le : la loi Pécresse n'a absolument rien à voir avec le "modèle américain", et, avant d'invoquer l'exemple de Harvard, partisans et adversaires de cette loi devraient prendre le temps de s'informer sur la façon dont cette institution fonctionne.
La première caractéristique de l'université américaine est la séparation stricte entre l'évaluation scientifique (confiée aux seuls chercheurs dans le cadre d'organes scientifiques indépendants), le pilotage stratégique et financier (assuré par des conseils d'administration, les boards of trustees, dans lesquels le secteur privé a une influence variable, mais pas toujours prépondérante), et la gestion administrative et humaine des établissements, relevant de présidents et d'administrateurs étroitement subordonnés aux différentes instances de contrôle externe mentionnées. Dans tout cela, l'Etat n'intervient aucunement.
Or, la loi Pécresse consacre un modèle inverse, autoritaire et étatiste : tous les choix proprement scientifiques restent aux mains de l'Etat central, les pouvoirs de gestion et de pilotage sont confiés aux seuls présidents d'université, tandis que chercheurs et conseils élus sont marginalisés. En France, les diplômes sont validés par l'Etat en fonction de priorités fixées par l'Etat ; aux Etats-Unis, leur création est libre, et leur validation confiée à des experts indépendants choisis par les conférences régionales d'universités. En France, le financement de la recherche est de plus en plus géré de manière centralisée par l'Agence nationale pour la recherche, organisme d'Etat dont les experts sont nommés par l'Etat, et qui applique à court terme les stratégies définies par le ministère.
Quel rapport avec les endowments américains, ces fonds gérant de manière indépendante des ressources de long terme ? Quel rapport avec les évaluations américaines de projets de plus court terme, systématiquement confiées à des chercheurs totalement indépendants de l'organisme payeur, a fortiori du gouvernement fédéral, et sans volonté de pilotage en amont ? Quant aux présidents des universités américaines, des systèmes complexes d'équilibre des pouvoirs les gardent partout sous tutelle, au point qu'en 2006, celui de Harvard a dû démissionner pour avoir froissé ses administrés par des propos à tonalité misogyne. Political correctness, peut-être, mais l'on est aux antipodes de la concentration des pouvoirs proposée en France...
En 2006, la recherche universitaire américaine a été financée à hauteur de 5 % par les entreprises, un pourcentage en baisse depuis dix ans, et à 70 % par l'Etat fédéral et les Etats fédérés. Les 25 % restants provenaient pour l'essentiel des ressources propres des universités, dont nos gouvernants ne semblent pas avoir bien pris la mesure : en 2007, Harvard disposait de 35 milliards de dollars de fonds propres, rapportant jusqu'à 15 % par an. Un quart du budget total du ministère français de la recherche ! Et Harvard n'est pas seule : en 2006, les dix universités américaines les plus riches représentaient une capitalisation de 120 milliards de dollars.
Peut-on prétendre imiter le système américain sans s'en donner les moyens financiers ? Et doit-on même l'imiter ? Si l'on s'en tient strictement au rapport coût/bénéfice, l'université française paraît très efficace ! A niveau équivalent, malgré des moyens très faibles comparativement, et une dépense par étudiant atteignant à peine le tiers des dépenses américaines, elle parvient à former des chercheurs et maintenir une recherche vivante, en partie grâce à l'acharnement d'universitaires qui croient encore en leur mission de service public, en partie grâce à un enseignement secondaire que le monde nous envie malgré nous. Les contempteurs de ce dernier savent-ils que le baccalauréat dévalué qu'ils méprisent fait bénéficier son titulaire, encore aujourd'hui, de l'équivalence d'une première année d'université aux Etats-Unis ?
Et si l'on fait référence aux plus prestigieuses institutions américaines, que l'on mette leurs budgets et leurs résultats en relation avec leurs véritables équivalents français, Ecole normale supérieure ou Polytechnique, et l'on verra que celles-ci coûtent bien moins cher. L'afflux des "cerveaux" aux Etats-Unis, si souvent déploré, révèle surtout les faiblesses de l'enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l'étranger, en Chine, en Inde... ou en France. On ne peut certes se satisfaire de la situation du système universitaire français, mais il ne faudrait pas idéaliser le système américain, ni croire que la comparaison transatlantique conduit toujours à des conclusions évidentes.
En définitive, les projets actuels sont profondément utopiques ; jamais les entreprises françaises ne déverseront les milliards d'euros nécessaires, ce que leurs homologues américaines ne font de toute façon pas, dans un système qui restera sous la tutelle étroite de l'Etat. En définitive, la loi Pécresse ne garde guère du "modèle américain" que la volonté de flexibiliser des recrutements devenus de droit privé, le bâton sans la carotte, en somme. Ce n'est certes pas de cette façon que l'on parviendra à valoriser le statut des chercheurs, ou à dynamiser la recherche. En imposant la présidentialisation à outrance d'universités toujours plus contrôlées par l'Etat dans un contexte de misère budgétaire, ce n'est pas Harvard que l'on imite, c'est l'Académie des sciences de la défunte Union soviétique.
Pierre Gervais, maître de conférences en histoire américaine (université Paris-VIII), membre du laboratoire Mondes américains (CNRS-EHESS)
La loi Pécresse et le modèle américain
Anne E. Berger professeur au Centre d’études féminines et d’études de genre, Paris-VIII, et au département d’études romanes, Cornell University, Etats-Unis. Libération, jeudi 20 décembre 2007
Aux Etats-Unis, l’abondante dotation privée des secteurs scientifiques et technologiques permet aux universités de maintenir un niveau décent de soutien à l’éducation et à la recherche dans le domaine des humanités et des sciences humaines, grâce aux «bénéfices» dégagés du côté des sciences et des technologies. Encore faut-il juger nécessaire le maintien d’un enseignement et d’une recherche en sciences humaines et humanités ; et donc vouloir et pouvoir redistribuer les richesses reçues ou accumulées au sein de l’université, afin que tous les domaines de savoir en tirent des bénéfices. C’est bien le cas dans le monde anglo-saxon. Est-ce le cas en France ? Non.
Le discours qui accompagne la réforme voulue par Sarkozy, l’esprit qui l’anime et qui, au-delà de la LRU loi du 10 août 2007 relative aux l..., anime toutes les directives ministérielles concernant la nature et les objectifs de la formation universitaire, sont bien différents. Les établissements qui continuent encore à offrir un accès à l’intelligence et à la culture à un public défavorisé (ou du moins réellement mélangé), et qui poursuivent la recherche dans le domaine des humanités et des sciences humaines, sont stigmatisés et délégitimés au nom de la nécessaire professionnalisation de l’enseignement supérieur. Or, cette professionnalisation imposée avec une brutalité de courte vue par le gouvernement va à l’encontre des principes et des pratiques en vigueur dans le monde anglo-saxon qu’on prétend prendre pour modèle.
Certes, le système universitaire américain est un système concurrentiel à plusieurs étages, avec des établissements prestigieux et extraordinairement bien dotés, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Mais quelle que soit la place de telle ou telle institution sur l’échelle des valeurs symboliques et économiques, les universités, à la différence des vocational schools qui prodiguent des enseignements techniques courts, défendent toutes un principe et une philosophie communs :
1 - Le principe de ce qu’on nomme aux Etats-Unis l’academic freedom, principe quasi-constitutionnel de défense intraitable de la liberté d’expression, d’investigation et d’expérimentation au sein de l’université, qui a fait de celle-ci le refuge traditionnel, quasi sanctuarisé, de l’esprit critique aux Etats-Unis.
2 - La défense et illustration des liberal arts, que l’université française est priée d’abandonner au nom de l’efficacité.
Les liberal arts sont les héritiers des arts «libéraux» européens (théologie, mathématique, grammaire, rhétorique, astronomie, musique etc.) que la vieille université avait vocation d’enseigner aux «hommes libres», favorisant ainsi la formidable production de savoir et de pensée qui a caractérisé l’Europe pendant un temps. Aujourd’hui, l’enseignement des liberal arts dans le monde anglo-saxon reste fidèle à l’idéal de liberté d’un enseignement et d’une recherche qui n’ont d’autres visées que la production du savoir et l’apprentissage de l’analyse. Les disciplines enseignées à ce titre ont varié mais on y trouve en bonne place la littérature, les arts, les langues et cultures étrangères, la philosophie, l’histoire, les sciences politiques, l’anthropologie, les mathématiques non appliquées, la physique, la biologie etc. Les liberal arts colleges sont des établissements de 1er cycle ou des formations de 1er cycle intégrées à de vastes ensembles universitaires. On n’y «fabrique» pas des chômeurs ; on tente d’y former des acteurs responsables et critiques de la communauté moderne. Parce que les universités américaines sont effectivement autonomes, elles peuvent y parvenir. Il en sort des individus ouverts, dont les compétences et la polyvalence sont appréciées par les employeurs privés ou publics. Ces étudiants peuvent aussi choisir de poursuivre des études professionnelles (droit, médecine, commerce, génie civil, hôtellerie, etc.) en entamant un deuxième, voire un troisième, cycle d’études.
Pour être libres, l’enseignement et la recherche doivent être autonomes, au sens littéral du terme. L’autonomie des universités n’est pas seulement une question de source et de mode de financement, même si les universités privées ont dans le contexte américain, une marge de liberté intellectuelle et scientifique plus grande que les universités qui dépendent en partie de la politique des Etats. L’autonomie des universités, c’est à la fois une question de principe (pas d’avancée de la pensée sans liberté d’exercice de celle-ci) et une question de mode de gestion. Je ne rentrerai pas ici dans les détails de la «gouvernance» de l’université américaine, sinon pour dire qu’elle est à la fois beaucoup plus complexe et beaucoup plus décentralisée que l’université «hyperprésidentialiste» modelée par la LRU. Les disciplines et champs de recherche sont souverains en matière de constitution de commissions de recrutement de leurs pairs, commissions aux travaux desquels sont souvent associés les étudiants avancés. Pas d’équivalent du Conseil national des universités, qui vérifie la conformité des profils et décide des carrières. Et surtout pas d’interférence du président dans la vie «académique» proprement dite. D’où aussi la beaucoup plus grande liberté de circulation entre les disciplines et d’expérimentation non «disciplinaire», qui caractérise l’université américaine.
Véritablement autonomes, l’enseignement et la recherche le sont aussi en ce que les travaux des enseignants-chercheurs et leurs modes de fonctionnement pédagogique sont soumis à la seule évaluation de leurs pairs, selon des protocoles établis par les seuls universitaires. Programmes et départements sont évalués par des universitaires extérieurs à leur institution, mais émanant de la même discipline ou du même champ de recherche. Ces évaluations ont lieu à un rythme suffisamment espacé pour qu’un programme d’enseignement ou de recherche ait le temps de s’inventer, de s’éprouver, de se corriger. A cet égard, la LRU ne diminue en rien la mise sous tutelle ministérielle de l’enseignement et de la recherche qui caractérise l’organisation de l’enseignement supérieur en France. Elle laisse en place les anciens systèmes d’habilitation des formations et des diplômes dans le cadre des fameux «plans quadriennaux», qui soumettent l’ensemble du monde universitaire, personnel administratif compris, à une cadence infernale, étrangère au rythme de la recherche, et qui transforment les enseignants-chercheurs en machines à produire des rapports et des justificatifs au détriment de leur mission. Le travail des enseignants-chercheurs va continuer à être évalué par de nouvelles «agences nationales» mises en place par le gouvernement, qui nommera chacun de leurs membres, organisant par ce moyen la dépendance scientifique sinon idéologique de l’université. Ces nouveaux dispositifs n’augmentent pas, ils diminuent encore un peu plus la liberté et la responsabilité du corps enseignant en matière de pédagogie et de recherche.
En révoquant en fait, sinon en droit, le droit à l’expérimentation intellectuelle et scientifique, et en abandonnant toute exigence culturelle collective, on vide de sens la référence au «modèle américain» ainsi que les concepts de «liberté» et de «responsabilité» qui figurent au fronton d’une loi d’hétéronomie aggravée, déguisée en loi d’autonomie.
lundi 17 décembre 2007
Par Comité de mobilisation le lundi 17 décembre 2007, 21:15 - Actualité
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
Un ensemble de réformes :
redessine en profondeur le système français de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ces réformes ne font pas l'unanimité et pour mieux comprendre les termes du débat, le Forum d'information Politique (FIP) et les comités de mobilisation de l'ENS LSH et de l'ENS Lyon invitent deux spécialistes de la question, Olivier Gandrillon, chercheur en biologie et membre de "Sauvons la recherche", et Michel Morvan, enseignant-chercheur en informatique. Tous deux exprimeront leurs positions sur la LRU et les dernières réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche. Leurs interventions seront suivies d'un débat avec la salle.
Venez nombreux assister et participer au débat Amphithéâtre de l'ENS LSH - 18h30 - Entrée libre
vendredi 14 décembre 2007
Par Comité de mobilisation le vendredi 14 décembre 2007, 20:02 - Actualité
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
Les élèves de l'Ecole ont profité de la rencontre organisée par l'ENS LSH avec les professeurs des classes préparatoires pour discuter de la loi LRU, diffuser des tracts, faire signer des pétitions. De l'écoute, un intérêt, un taux de signatures important... Voir en annexe, le tract diffusé
Par Comité de mobilisation le vendredi 14 décembre 2007, 17:57 - Analyses
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
Jérôme Bourdieu (économiste à l'INRA) et Didier Chatenay (physicien au CNRS) nous ont transmis ce texte dont la version courte est parue dans L'humanité du 4 décembre 2007
Plus d’autonomie pour les universités, tel serait le principe de la réforme Libertés et Responsabilités des Universités selon ses zélateurs. Usant du procédé désormais banal qui consiste à prendre les mots les plus progressistes pour servir les politiques les plus réactionnaires – on se souvient de l’époque où l’enseignement privé et catholique défendait « l’école libre » – le mot d’autonomie est utilisé aujourd’hui à contre-emploi dans une acception extrêmement étroite : cette loi n’a d’autre fin en réalité que de contraindre les universités à se soumettre à la loi du marché en créant les conditions d’un désengagement progressif de l’Etat et en les forçant à adopter une logique entrepreneuriale dans leurs modes de gestion. Lire la suite
Par Comité de mobilisation le vendredi 14 décembre 2007, 14:00 - Documents et liens
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
A quoi devons-nous absolument échapper... Voir le pdf en annexe
Par Comité de mobilisation le vendredi 14 décembre 2007, 11:29 - Analyses
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
Frédéric Caupin, maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure d'ULM, nous a transmis un texte analysant la réforme prévue pour les établissements scolaires, qui reprend en grande partie la logique de la LRU. Le texte, en pièce jointe au format PDF, est déjà paru sur le blog Jourdan en lutte :
Par Comité de mobilisation le vendredi 14 décembre 2007, 11:07 - Analyses
Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université
Éléments de réflexion et de questionnement en vue du numéro 32 de La Revue du MAUSS semestrielle
Dire que l’université française est en crise est un euphémisme. Accueillant une bonne partie des élèves de l’enseignement supérieur, elle ne parvient à en diplômer qu’un pourcentage restreint. Par ailleurs les diplômes qu’elle leur délivre ont une valeur de plus en plus incertaine sur le marché de l’emploi, et ceci d’autant que l’enseignement secondaire et la recherche publique recrutent de moins en moins. Symétriquement, le niveau des universités françaises, tel qu’évalué selon les critères, à coup sûr discutables mais malgré tout parlants, auxquels recourent les classements internationaux, les met à la traîne de nombre de pays développés, voire émergents. Et la recherche française, dans presque tous les domaines, perd chaque année davantage de terrain. Dans cette dérive plus que préoccupante il faut se demander ce qui relève d’une crise générale de l’institution universitaire en général, de la place et du rôle du savoir et de l’intellectuel dans la société globalisée, et ce qui traduit un dysfonctionnement spécifique à la France. Lire la suite
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