Ens mobilisation

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mardi 8 janvier 2008

Calendrier militant

Jeudi 10 Janvier

  • Rassemblement en soutien aux inculpés de Lyon 2, au TGI, rue Servient, à partir de 14H
  • Procès repoussé au 13 mars... affaire à suivre

Jeudi 17 Janvier

  • Première séance des "moments de réflexion" 17H à 20H, bâtiment recherche, salle à préciser
  • Séance décalée à début février

Mardi 22 Janvier

  • AG : préparation de la journée de grève du 24 janvier

Jeudi 24 Janvier

  • Journée nationale de grève

Jeudi 31 Janvier

  • AG sur les statuts
  • Débat sur le processus de Bologne à Sciences Po à 18H, organisée par l'AJR et le comité de mobilisation de Lyon 2

Grève le 24 janvier 2008

COMMUNIQUE COMMUN des fédérations de l’Education FERC-CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA-Education Grève le 24 janvier 2008

Les fédérations de l’Education FERC-CGT, FNEC FP-FO, FSU, UNSA-Education se sont réunies le 19 décembre. Elles constatent qu’en dépit de leurs interpellations les revendications portées par les personnels lors de la grève du 20 novembre n’ont reçu aucune réponse, qu’il s’agisse des suppressions d’emplois ou des diverses mesures annoncées en matière d’éducation.

Le gouvernement persiste dans une politique qui compromet l’objectif de la réussite de tous les jeunes. Et tout montre que les établissements les plus fragiles verront leurs difficultés accrues, les inégalités s’accentueront, l’offre de formation sera réduite, restructurée comme dans l’Enseignement Professionnel. Les personnels verront leurs conditions de travail se dégrader un peu plus et la précarité s’accentuera encore. A cela s’ajoute le contentieux commun à tous les fonctionnaires (salaires, carrières, statut…). Cette situation implique de poursuivre et amplifier la mobilisation.

C’est pourquoi elles appellent les personnels à porter leurs revendications en participant massivement avec les autres fonctionnaires à la grève et aux manifestations du 24 janvier et en débattant des suites. Elles les appellent également à développer la campagne d’opinion lancée avec les parents d’élèves, les jeunes, les associations et les mouvements pédagogiques.

Paris le 19 décembre 2007

La FAEN consulte ses instances et donnera sa réponse dans la journée du 20 décembre.

jeudi 27 décembre 2007

Pour en finir avec le modèle américain...

2 tribunes parues dans la presse cette semaine, qui tordent le cou aux justifications type "oui mais la loi Pécresse ne fait qu'appliquer les recettes qui marchent aux Etats-Unis". Si on avait eu ça au débat du 18, ça nous aurait permis de faire taire Morvan en deux-deux et de passer enfin au fond du débat...


Oubliez Harvard !, par Pierre Gervais
LE MONDE | 26.12.07|

Le débat autour de la loi Pécresse sur les universités souffre d'un malentendu fondamental, résultat d'une ignorance profonde en France de tout ce qui tient aux Etats-Unis. Malheureusement, ce malentendu est entretenu par tous ceux qui voient dans les projets actuels un programme néolibéral d'américanisation de l'enseignement supérieur. Disons-le : la loi Pécresse n'a absolument rien à voir avec le "modèle américain", et, avant d'invoquer l'exemple de Harvard, partisans et adversaires de cette loi devraient prendre le temps de s'informer sur la façon dont cette institution fonctionne.

La première caractéristique de l'université américaine est la séparation stricte entre l'évaluation scientifique (confiée aux seuls chercheurs dans le cadre d'organes scientifiques indépendants), le pilotage stratégique et financier (assuré par des conseils d'administration, les boards of trustees, dans lesquels le secteur privé a une influence variable, mais pas toujours prépondérante), et la gestion administrative et humaine des établissements, relevant de présidents et d'administrateurs étroitement subordonnés aux différentes instances de contrôle externe mentionnées. Dans tout cela, l'Etat n'intervient aucunement.

Or, la loi Pécresse consacre un modèle inverse, autoritaire et étatiste : tous les choix proprement scientifiques restent aux mains de l'Etat central, les pouvoirs de gestion et de pilotage sont confiés aux seuls présidents d'université, tandis que chercheurs et conseils élus sont marginalisés. En France, les diplômes sont validés par l'Etat en fonction de priorités fixées par l'Etat ; aux Etats-Unis, leur création est libre, et leur validation confiée à des experts indépendants choisis par les conférences régionales d'universités. En France, le financement de la recherche est de plus en plus géré de manière centralisée par l'Agence nationale pour la recherche, organisme d'Etat dont les experts sont nommés par l'Etat, et qui applique à court terme les stratégies définies par le ministère.

Quel rapport avec les endowments américains, ces fonds gérant de manière indépendante des ressources de long terme ? Quel rapport avec les évaluations américaines de projets de plus court terme, systématiquement confiées à des chercheurs totalement indépendants de l'organisme payeur, a fortiori du gouvernement fédéral, et sans volonté de pilotage en amont ? Quant aux présidents des universités américaines, des systèmes complexes d'équilibre des pouvoirs les gardent partout sous tutelle, au point qu'en 2006, celui de Harvard a dû démissionner pour avoir froissé ses administrés par des propos à tonalité misogyne. Political correctness, peut-être, mais l'on est aux antipodes de la concentration des pouvoirs proposée en France...

En 2006, la recherche universitaire américaine a été financée à hauteur de 5 % par les entreprises, un pourcentage en baisse depuis dix ans, et à 70 % par l'Etat fédéral et les Etats fédérés. Les 25 % restants provenaient pour l'essentiel des ressources propres des universités, dont nos gouvernants ne semblent pas avoir bien pris la mesure : en 2007, Harvard disposait de 35 milliards de dollars de fonds propres, rapportant jusqu'à 15 % par an. Un quart du budget total du ministère français de la recherche ! Et Harvard n'est pas seule : en 2006, les dix universités américaines les plus riches représentaient une capitalisation de 120 milliards de dollars.

Peut-on prétendre imiter le système américain sans s'en donner les moyens financiers ? Et doit-on même l'imiter ? Si l'on s'en tient strictement au rapport coût/bénéfice, l'université française paraît très efficace ! A niveau équivalent, malgré des moyens très faibles comparativement, et une dépense par étudiant atteignant à peine le tiers des dépenses américaines, elle parvient à former des chercheurs et maintenir une recherche vivante, en partie grâce à l'acharnement d'universitaires qui croient encore en leur mission de service public, en partie grâce à un enseignement secondaire que le monde nous envie malgré nous. Les contempteurs de ce dernier savent-ils que le baccalauréat dévalué qu'ils méprisent fait bénéficier son titulaire, encore aujourd'hui, de l'équivalence d'une première année d'université aux Etats-Unis ?

Et si l'on fait référence aux plus prestigieuses institutions américaines, que l'on mette leurs budgets et leurs résultats en relation avec leurs véritables équivalents français, Ecole normale supérieure ou Polytechnique, et l'on verra que celles-ci coûtent bien moins cher. L'afflux des "cerveaux" aux Etats-Unis, si souvent déploré, révèle surtout les faiblesses de l'enseignement supérieur américain, incapable de former ses propres cadres dans nombre de domaines scientifiques, et contraint de les acquérir à l'étranger, en Chine, en Inde... ou en France. On ne peut certes se satisfaire de la situation du système universitaire français, mais il ne faudrait pas idéaliser le système américain, ni croire que la comparaison transatlantique conduit toujours à des conclusions évidentes.

En définitive, les projets actuels sont profondément utopiques ; jamais les entreprises françaises ne déverseront les milliards d'euros nécessaires, ce que leurs homologues américaines ne font de toute façon pas, dans un système qui restera sous la tutelle étroite de l'Etat. En définitive, la loi Pécresse ne garde guère du "modèle américain" que la volonté de flexibiliser des recrutements devenus de droit privé, le bâton sans la carotte, en somme. Ce n'est certes pas de cette façon que l'on parviendra à valoriser le statut des chercheurs, ou à dynamiser la recherche. En imposant la présidentialisation à outrance d'universités toujours plus contrôlées par l'Etat dans un contexte de misère budgétaire, ce n'est pas Harvard que l'on imite, c'est l'Académie des sciences de la défunte Union soviétique.

Pierre Gervais, maître de conférences en histoire américaine (université Paris-VIII), membre du laboratoire Mondes américains (CNRS-EHESS)


La loi Pécresse et le modèle américain

Anne E. Berger professeur au Centre d’études féminines et d’études de genre, Paris-VIII, et au département d’études romanes, Cornell University, Etats-Unis. Libération, jeudi 20 décembre 2007

Aux Etats-Unis, l’abondante dotation privée des secteurs scientifiques et technologiques permet aux universités de maintenir un niveau décent de soutien à l’éducation et à la recherche dans le domaine des humanités et des sciences humaines, grâce aux «bénéfices» dégagés du côté des sciences et des technologies. Encore faut-il juger nécessaire le maintien d’un enseignement et d’une recherche en sciences humaines et humanités ; et donc vouloir et pouvoir redistribuer les richesses reçues ou accumulées au sein de l’université, afin que tous les domaines de savoir en tirent des bénéfices. C’est bien le cas dans le monde anglo-saxon. Est-ce le cas en France ? Non.

Le discours qui accompagne la réforme voulue par Sarkozy, l’esprit qui l’anime et qui, au-delà de la LRU loi du 10 août 2007 relative aux l..., anime toutes les directives ministérielles concernant la nature et les objectifs de la formation universitaire, sont bien différents. Les établissements qui continuent encore à offrir un accès à l’intelligence et à la culture à un public défavorisé (ou du moins réellement mélangé), et qui poursuivent la recherche dans le domaine des humanités et des sciences humaines, sont stigmatisés et délégitimés au nom de la nécessaire professionnalisation de l’enseignement supérieur. Or, cette professionnalisation imposée avec une brutalité de courte vue par le gouvernement va à l’encontre des principes et des pratiques en vigueur dans le monde anglo-saxon qu’on prétend prendre pour modèle.

Certes, le système universitaire américain est un système concurrentiel à plusieurs étages, avec des établissements prestigieux et extraordinairement bien dotés, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Mais quelle que soit la place de telle ou telle institution sur l’échelle des valeurs symboliques et économiques, les universités, à la différence des vocational schools qui prodiguent des enseignements techniques courts, défendent toutes un principe et une philosophie communs :

1 - Le principe de ce qu’on nomme aux Etats-Unis l’academic freedom, principe quasi-constitutionnel de défense intraitable de la liberté d’expression, d’investigation et d’expérimentation au sein de l’université, qui a fait de celle-ci le refuge traditionnel, quasi sanctuarisé, de l’esprit critique aux Etats-Unis.

2 - La défense et illustration des liberal arts, que l’université française est priée d’abandonner au nom de l’efficacité.

Les liberal arts sont les héritiers des arts «libéraux» européens (théologie, mathématique, grammaire, rhétorique, astronomie, musique etc.) que la vieille université avait vocation d’enseigner aux «hommes libres», favorisant ainsi la formidable production de savoir et de pensée qui a caractérisé l’Europe pendant un temps. Aujourd’hui, l’enseignement des liberal arts dans le monde anglo-saxon reste fidèle à l’idéal de liberté d’un enseignement et d’une recherche qui n’ont d’autres visées que la production du savoir et l’apprentissage de l’analyse. Les disciplines enseignées à ce titre ont varié mais on y trouve en bonne place la littérature, les arts, les langues et cultures étrangères, la philosophie, l’histoire, les sciences politiques, l’anthropologie, les mathématiques non appliquées, la physique, la biologie etc. Les liberal arts colleges sont des établissements de 1er cycle ou des formations de 1er cycle intégrées à de vastes ensembles universitaires. On n’y «fabrique» pas des chômeurs ; on tente d’y former des acteurs responsables et critiques de la communauté moderne. Parce que les universités américaines sont effectivement autonomes, elles peuvent y parvenir. Il en sort des individus ouverts, dont les compétences et la polyvalence sont appréciées par les employeurs privés ou publics. Ces étudiants peuvent aussi choisir de poursuivre des études professionnelles (droit, médecine, commerce, génie civil, hôtellerie, etc.) en entamant un deuxième, voire un troisième, cycle d’études.

Pour être libres, l’enseignement et la recherche doivent être autonomes, au sens littéral du terme. L’autonomie des universités n’est pas seulement une question de source et de mode de financement, même si les universités privées ont dans le contexte américain, une marge de liberté intellectuelle et scientifique plus grande que les universités qui dépendent en partie de la politique des Etats. L’autonomie des universités, c’est à la fois une question de principe (pas d’avancée de la pensée sans liberté d’exercice de celle-ci) et une question de mode de gestion. Je ne rentrerai pas ici dans les détails de la «gouvernance» de l’université américaine, sinon pour dire qu’elle est à la fois beaucoup plus complexe et beaucoup plus décentralisée que l’université «hyperprésidentialiste» modelée par la LRU. Les disciplines et champs de recherche sont souverains en matière de constitution de commissions de recrutement de leurs pairs, commissions aux travaux desquels sont souvent associés les étudiants avancés. Pas d’équivalent du Conseil national des universités, qui vérifie la conformité des profils et décide des carrières. Et surtout pas d’interférence du président dans la vie «académique» proprement dite. D’où aussi la beaucoup plus grande liberté de circulation entre les disciplines et d’expérimentation non «disciplinaire», qui caractérise l’université américaine.

Véritablement autonomes, l’enseignement et la recherche le sont aussi en ce que les travaux des enseignants-chercheurs et leurs modes de fonctionnement pédagogique sont soumis à la seule évaluation de leurs pairs, selon des protocoles établis par les seuls universitaires. Programmes et départements sont évalués par des universitaires extérieurs à leur institution, mais émanant de la même discipline ou du même champ de recherche. Ces évaluations ont lieu à un rythme suffisamment espacé pour qu’un programme d’enseignement ou de recherche ait le temps de s’inventer, de s’éprouver, de se corriger. A cet égard, la LRU ne diminue en rien la mise sous tutelle ministérielle de l’enseignement et de la recherche qui caractérise l’organisation de l’enseignement supérieur en France. Elle laisse en place les anciens systèmes d’habilitation des formations et des diplômes dans le cadre des fameux «plans quadriennaux», qui soumettent l’ensemble du monde universitaire, personnel administratif compris, à une cadence infernale, étrangère au rythme de la recherche, et qui transforment les enseignants-chercheurs en machines à produire des rapports et des justificatifs au détriment de leur mission. Le travail des enseignants-chercheurs va continuer à être évalué par de nouvelles «agences nationales» mises en place par le gouvernement, qui nommera chacun de leurs membres, organisant par ce moyen la dépendance scientifique sinon idéologique de l’université. Ces nouveaux dispositifs n’augmentent pas, ils diminuent encore un peu plus la liberté et la responsabilité du corps enseignant en matière de pédagogie et de recherche.

En révoquant en fait, sinon en droit, le droit à l’expérimentation intellectuelle et scientifique, et en abandonnant toute exigence culturelle collective, on vide de sens la référence au «modèle américain» ainsi que les concepts de «liberté» et de «responsabilité» qui figurent au fronton d’une loi d’hétéronomie aggravée, déguisée en loi d’autonomie.

lundi 17 décembre 2007

Evolution et devenir de l'enseignement supérieur : le débat contradictoire, ce soir 18 décembre

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Un ensemble de réformes :

  • création et montée en puissance de l'ANR,
  • réforme du système d'évaluation avec l'AERES,
  • réforme de l'université avec la loi LRU,
  • incertitude sur l'avenir du CNRS,

redessine en profondeur le système français de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ces réformes ne font pas l'unanimité et pour mieux comprendre les termes du débat, le Forum d'information Politique (FIP) et les comités de mobilisation de l'ENS LSH et de l'ENS Lyon invitent deux spécialistes de la question, Olivier Gandrillon, chercheur en biologie et membre de "Sauvons la recherche", et Michel Morvan, enseignant-chercheur en informatique. Tous deux exprimeront leurs positions sur la LRU et les dernières réformes de l'enseignement supérieur et de la recherche. Leurs interventions seront suivies d'un débat avec la salle.

Venez nombreux assister et participer au débat Amphithéâtre de l'ENS LSH - 18h30 - Entrée libre

vendredi 14 décembre 2007

Action de mobilisation auprès des professeurs de classes préparatoires ce vendredi 14 décembre

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Les élèves de l'Ecole ont profité de la rencontre organisée par l'ENS LSH avec les professeurs des classes préparatoires pour discuter de la loi LRU, diffuser des tracts, faire signer des pétitions. De l'écoute, un intérêt, un taux de signatures important... Voir en annexe, le tract diffusé

Jérôme Bourdieu et Didier Chatenay : Pour une véritable autonomie de l’enseignement supérieur et de la recherche

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Jérôme Bourdieu (économiste à l'INRA) et Didier Chatenay (physicien au CNRS) nous ont transmis ce texte dont la version courte est parue dans L'humanité du 4 décembre 2007

Plus d’autonomie pour les universités, tel serait le principe de la réforme Libertés et Responsabilités des Universités selon ses zélateurs. Usant du procédé désormais banal qui consiste à prendre les mots les plus progressistes pour servir les politiques les plus réactionnaires – on se souvient de l’époque où l’enseignement privé et catholique défendait « l’école libre » – le mot d’autonomie est utilisé aujourd’hui à contre-emploi dans une acception extrêmement étroite : cette loi n’a d’autre fin en réalité que de contraindre les universités à se soumettre à la loi du marché en créant les conditions d’un désengagement progressif de l’Etat et en les forçant à adopter une logique entrepreneuriale dans leurs modes de gestion. Lire la suite

Le nouveau catalogue des éditions 2015...

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


A quoi devons-nous absolument échapper... Voir le pdf en annexe

Bientôt l’autonomie des collèges et des lycées ?

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Frédéric Caupin, maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure d'ULM, nous a transmis un texte analysant la réforme prévue pour les établissements scolaires, qui reprend en grande partie la logique de la LRU. Le texte, en pièce jointe au format PDF, est déjà paru sur le blog Jourdan en lutte :

http://jourdanenlutte.blogspot.com/

Alain Caillé : Penser la crise de l’université (et de la recherche). Premières réactions.

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Éléments de réflexion et de questionnement en vue du numéro 32 de La Revue du MAUSS semestrielle

Dire que l’université française est en crise est un euphémisme. Accueillant une bonne partie des élèves de l’enseignement supérieur, elle ne parvient à en diplômer qu’un pourcentage restreint. Par ailleurs les diplômes qu’elle leur délivre ont une valeur de plus en plus incertaine sur le marché de l’emploi, et ceci d’autant que l’enseignement secondaire et la recherche publique recrutent de moins en moins. Symétriquement, le niveau des universités françaises, tel qu’évalué selon les critères, à coup sûr discutables mais malgré tout parlants, auxquels recourent les classements internationaux, les met à la traîne de nombre de pays développés, voire émergents. Et la recherche française, dans presque tous les domaines, perd chaque année davantage de terrain. Dans cette dérive plus que préoccupante il faut se demander ce qui relève d’une crise générale de l’institution universitaire en général, de la place et du rôle du savoir et de l’intellectuel dans la société globalisée, et ce qui traduit un dysfonctionnement spécifique à la France. Lire la suite

Du CNRS sous LRU…

je vous restitue ci-dessous le contenu du fichier joint en PDF. LA LRU semble être le LSD institutionnel de notre post-modernité

 Paris, le 10 décembre 2007


Message de la Présidente et du Directeur général aux personnels du CNRS


Afin de vous informer des principaux événements de l’actualité de notre établissement, vous trouverez ici des informations concernant les derniers mois de 2007 et les principales décisions du conseil d'administration prises lors de sa séance du 6 décembre.

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Répressions policières à Lyon 2 : le témoignage d'une enseignante

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Par Alice Verstraeten, enseignante à l’université Lumière Lyon II - Décembre 2007

Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément. Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.

Tout a commencé avec la Loi Pécresse de réforme des Universités, signée dans la précipitation cet été par le président de la fac, Monsieur Journès. Certains étudiants et enseignants s'opposent à cette loi.

Les étudiants ont choisi le blocage de l'université comme mode d'action. On peut être pour ou contre, je ne suis pas sûre que ce choix ai rendu service aux manifestants et à leur image mais aujourd'hui, à la limite, peu importe. On a, pour l'instant, dépassé ce débat.

Depuis quelques jours, le président de l'université a fait appel aux "forces de l'ordre": des vigiles privés, très jeunes, non assermentés, arrogants et dépassés par les évènements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué "sécurité". Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'université en montrant notre carte "cumul" (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque)

Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un "établissement public à vocation scientifique et culturelle". Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier matin: "Voyous, racailles." Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été "étranglée" avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.

A l'entrée principale du campus de Bron, et rue Chevreul sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.

J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été "molestées" par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête. Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable "d'information" a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux. Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés devant la Justice aujourd'hui même (donc: il existe désormais des comparution immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont "extérieurs à l'Université" et que ces arrestations sont survenues après des troubles. Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseignants à en être témoins.

Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus: il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants. S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université?

De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ( cf la violence du président de l’IEP de Grenoble) ne sont pas à la hauteur de la réalité.

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours. Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non assermentés. Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail. Je refuse de me faire bousculer par des CRS. Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas. Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant) en lui disant "J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer."

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays.

Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais "normale".

SI CETTE SITUATION EST NORMALE JE DEMISSIONNE.

D'autre part, pour permettre l'action des ces policiers, militaires et vigiles, toutes les sorties de sécurité sont bloquées. Certains enseignants et étudiants s'obstinent à faire cours dans une ambiance délétère et dangereuse. Ce qu'ils risquent purement et simplement, en cas d'incendie, c'est de brûler vifs dans des locaux qui sont déjà vétustes.

Ce message est, bien sûr, à faire passer si vous en ressentez le besoin.

mardi 11 décembre 2007

La création de savoirs à l'ENS Lyon (sciences) mardi 12 décembre...

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université

Non à la LRU : une action conjuguée des deux ENS de Lyon. Le colloque, organisé par l'ENS Lyon pour fêter les 20 années de sa délocalisation devait être inauguré par Valérie Pécresse : elle n'est pas venue...

ENS Sciences 11/12

ENS Sciences 11/12 2

ENS Sciences 11/12 3

Vu d'ailleurs : la réforme universitaire en Allemagne

Vous trouverez en attaché un court document de Christian de Montlibert sur l'évolution récente des universités allemandes dans un contexte qui présente des similarités avec la loi LRU! C'est un CR d'une visite effectuée récemment. A conseiller aux incrédules, sceptiques et autres ..

Réflexions complémentaires (codicille 1)

Comme je suis en train de préparer un cours sur le thème de "l'école juste", j'ai lu en partie le rapport de la commission Thélot,qui a mené le "grand débat sur l'école" en 2003-2004. Et je suis tombé, sur ce texte significatif (cf. ci-dessous), qui montre la continuité et le caractère systématique de la restructuration du service public d'éducation engagée par les gouvernements successifs depuis quelques années. Et il est assez frappant d'observer la manière dont le chantier a été conduit. Selon la fameuse formule de Deleuze, ils ont commencé "à penser par le milieu" en s'attaquant d'abord au maillon faible (eh oui, ces gens n'ont pas totalement oublié qu'ils ont jadis lu Lénine), en l'espèce du second degré et plus particulièrement encore du collège (le socle commun des connaissances et des compétences) pour ensuite s'attaquer, de manière proliférante, au supérieur (loir Recherche de 2006, création de l'ANR, des PRES, de l'AERES, la LRU en 2007) avant de s'attaquer au premier degré, où l'offensive est en cours (réduction des heures d'enseignement, et donc des contenus, etc.).

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lundi 10 décembre 2007

Quelques réflexions à propos de la LRU & de questions plus générales

La liberté n’est pas la liberté des marchands
J.-J. Rousseau

Les réflexions qui suivent pourront paraître schématiques ou elliptiques. Elles s'entendent comme un essai de mise en perspective, pour alimenter la réflexion et la discussion collective d'une lutte prolongée


La contestation de la loi relative aux « libertés et responsabilités des universités » (LRU) y dénonce, à juste titre, toute une série d’attaques solidaires contre une certaine conception du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui, en dépit de carences, garantit encore l’accès du plus grand nombre à l’université. L’aspect le plus saillant de cette loi réside dans la refonte de la « démocratie institutionnelle » des établissements dans le sens d’un césarisme qui ne dit pas son nom. Celui-ci se caractérise par un accroissement significatif des prérogatives des responsables d’établissements, en particulier des présidents d’université, par un accroissement de leur autonomie de gestion, du patrimoine immobilier (cession, achat, location), de tous les personnels – les fameuses RH – (recrutement, promotion, etc.), et bien sûr des modalités et des sources de financement [1].

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Les rendez-vous de la semaine du 10/12 au 17/12

Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université


Pour voir le tract d'appel aux rassemblements de mardi et à l'AG de mercredi, cf. l'annexe à la fin de ce message

  • Le mardi 11/12

Manifestive, Place Bellecour, à 12h30. Nous nous adresserons à la population (”Become the media”) pour lui expliquer le choix de société qui sous-tend ces réformes; Nous serons toutes et tous en noir pour symboliser le fait qu’une Université qui ferme, c’est la jeunesse qui meurt; Nous redirons une fois encore qu’une autre réforme est nécessaire et possible, grâce à une chaîne humaine: Venez en masse!
Voir le tract d'appel au rassemblement ici

Action commune avec l’ENS Sciences (« faire du bruit » et tracter) avant le début du colloque du 11/12, à 14h


  • Le mercredi 12/12

Assemblée Générale dans l'amphithéâtre de l'ENS-LSH à midi

Laurent Douzou vient parler de "La lettre de Guy Môquet. Mémoire, histoire et politique" de 18 à 20 heures


  • Le jeudi 13/12

Manifestation à l'appel du Collectif des jeunes majeurs (RESF) et du RUSF69 (Réseau Universités Sans Frontières du Rhône), suite aux nombreuses menaces d'expulsion qui frappent les étudiants et élèves sans-papiers en cette fin d'année. Soutenue par les comités de mobilisation étudiants.

Départ à 14h30 place du Pont (Gabriel Péri)


  • Le vendredi 14 décembre

Action de mobilisation auprès des professeurs de classes préparatoires en réunion à l'ENS LSH : discussion autour de la LRU, diffusion de tracts, signatures de pétitions... Voir en annexe, le tract diffusé

Compte-rendu de la 2e assemblée générale inter-universitaire ce samedi 8 décembre 2007 à Paris

A l’appel du collectif « Sauvons l’Université ! », l’assemblée générale inter-universitaire du 8 décembre a rassemblé plus de 250 personnes dans les locaux de Paris 7 : c’est un succès qui témoigne de la mobilisation et de l’attente des personnels de l’université.

Les présents provenaient des établissements et organisations suivants : Université Aix-Marseille 1, Université d’Amiens, Université de Besançon, Université Bordeaux 3, Université de Brest, Université de Caen, Université de Cergy Pontoise, Université de Dijon, Université Grenoble 3, Université Lille 3, Université Lyon 1, Université de Marne la Vallée, Université Montpellier 3, Université d’Orléans, Université Paris 1, Université Paris 3, Université Paris 4, Université Paris 5, Université Paris 6, Université Paris 7, Université Paris 8, Université Paris 9, Université Paris 10, Université Paris 11, Université Paris 13, Université de Poitiers, Université de Reims, Université de Rouen, Université de Toulouse Le Mirail, Université de Tours, Université de Versailles St Quentin, CNAM Paris, CNRS, ENS, ENS-LSH, ENSAD, INALCO, SNESUP. Etaient présentes à l’AG des personnes mandatés par :l’UFR Lettres et l’UFR de l’Université de Poitiers, l’UFR Lettres-Sciences Humaines et l’UFR Psychologie de l’université de Rouen, l’Université de Tours, l’Université de Lille III, le Collectif des personnels et Intersyndicale (CGT, FSU, SUD) de l’Université de Caen.

Le collectif SLU a rappelé tout d’abord qu’il a travaillé depuis le début en complémentarité avec Sauvons la Recherche et avec les syndicats. Cette convergence a abouti à la journée d’action unitaire du jeudi 6 décembre contre la loi LRU et à l’entrevue entre le directeur de cabinet de Valérie Pécresse et une délégation composée de représentants de l’intersyndicale et des 2 collectifs pour la remise d’un mémorandum en 10 points (voir compte rendu de J.-L. Fournel).

Des débats animés se sont engagés et focalisés sur deux points : l’organisation du mouvement des personnels mobilisés, les modalités d’actions.

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dimanche 9 décembre 2007

Communiqué de l'Assemblée générale des personnels de l'Université Lumière

Jeudi 6 décembre 2007, 13h00

Devant la gravité des faits qui se sont déroulés ce jeudi matin sur le site des Quais et à Bron (plusieurs étudiants violemment matraqués par les forces de l'ordre, un étudiant hospitalisé avec 12 points de suture, deux étudiants interpelés), l'Assemblée générale des personnels s'est réunie dans une grande émotion par rapport aux atteintes aux libertés fondamentales.
Elle condamne le recours aux forces de l'ordre, aux vigiles privés et les violences qui en découlent.
Elle appelle au rétablissement du dialogue immédiat et la Présidence à négocier.
Elle appelle les personnels à ne plus rentrer dans l'Université tant que les entrées seront contrôlées par des vigiles et par des forces de l?ordre et que les issues de secours seront bloquées.
Elle appelle à un rassemblement de tous les personnels de deux sites vendredi 7 décembre 9 h. devant le 5 rue de Chevreul. Elle incite les personnels à venir à ce rassemblement avec un bandeau sur la tête en solidarité avec l'étudiant blessé et afin que le refus des personnels de ces méthodes policières dans l'Université soit pleinement visible.

samedi 8 décembre 2007

Qui n'a pas signé la pétition pour la libération d'Abdel Chemoul?

Toutes les pétitions du moment qu'il faut signer :

L'appel des cordeliers

Les présidents d’université ne parlent pas en notre nom - Pour une université collégiale

Souvenirs souvenirs

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L'ENS LSH bloquée Banderoles

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