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  <title>Ens mobilisation - Analyses</title>
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  <description>Blog du comité de mobilisation de l'ENS-LSH</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 07 Feb 2008 22:05:02 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>Jérôme Bourdieu et Didier Chatenay : Pour une véritable autonomie de l’enseignement supérieur et de la recherche</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/14/Jerome-Bourdieu-et-Didier-Chatenay-%3A-Pour-une-veritable-autonomie-de-lenseignement-superieur-et-de-la-recherche</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 17:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Comité de mobilisation</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jérôme Bourdieu (économiste à l'INRA) et Didier Chatenay (physicien au CNRS) nous ont transmis ce texte  dont la version  courte est parue dans &lt;/em&gt;L'humanité&lt;em&gt; du 4 décembre 2007&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus d’autonomie pour les universités, tel serait le principe de la réforme Libertés et Responsabilités des
Universités selon ses zélateurs. Usant du procédé désormais banal qui consiste à prendre les mots les plus
progressistes pour servir les politiques les plus réactionnaires – on se souvient de l’époque où l’enseignement
privé et catholique défendait «&amp;nbsp;l’école libre&amp;nbsp;» – le mot d’autonomie est utilisé aujourd’hui à contre-emploi dans
une acception extrêmement étroite&amp;nbsp;: cette loi n’a d’autre fin en réalité que de contraindre les universités à se
soumettre à la loi du marché en créant les conditions d’un désengagement progressif de l’Etat et en les forçant à
adopter une logique entrepreneuriale dans leurs modes de gestion.
&lt;a href=&quot;http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1794&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://ens-mobilisation.alter.eu.org/public/analyse_bourdieu_et_chatenay.pdf"
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      </item>
    
  <item>
    <title>Bientôt l’autonomie des collèges et des lycées ?</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/14/Bientot-lautonomie-des-colleges-et-des-lycees</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 11:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Comité de mobilisation</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;

&lt;p&gt;Frédéric Caupin, maître de conférences à l'Ecole Normale Supérieure d'ULM, nous a transmis un texte analysant la réforme prévue pour
les établissements scolaires, qui reprend en grande partie la logique de la LRU. Le texte, en pièce jointe au format PDF, est déjà paru sur le blog &lt;em&gt;Jourdan en lutte&lt;/em&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://jourdanenlutte.blogspot.com/&quot; title=&quot;http://jourdanenlutte.blogspot.com/&quot;&gt;http://jourdanenlutte.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://ens-mobilisation.alter.eu.org/public/analyse_mission_darcos.pdf"
      length="297870" type="application/pdf" />
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Alain Caillé :  Penser la crise de l’université (et de la recherche). Premières réactions.</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/14/Alain-Caille-%3A-Penser-la-crise-de-luniversite-et-de-la-recherche-Premieres-reactions</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Dec 2007 11:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Comité de mobilisation</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le comité de mobilisation de l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines est composé d'étudiants, d'enseignants et de personnels administratifs et techniques en colère contre la loi Pécresse (LRU) et pour une autre réforme de l'université&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Éléments de réflexion et de questionnement en vue du numéro 32 de La Revue du MAUSS semestrielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dire que l’université française est en crise est un euphémisme. Accueillant une bonne partie des élèves de l’enseignement supérieur, elle ne parvient à en diplômer qu’un pourcentage restreint. Par ailleurs les diplômes qu’elle leur délivre ont une valeur de plus en plus incertaine sur le marché de l’emploi, et ceci d’autant que l’enseignement secondaire et la recherche publique recrutent de moins en moins. Symétriquement, le niveau des universités françaises, tel qu’évalué selon les critères, à coup sûr discutables mais malgré tout parlants, auxquels recourent les classements internationaux, les met à la traîne de nombre de pays développés, voire émergents. Et la recherche française, dans presque tous les domaines, perd chaque année davantage de terrain. Dans cette dérive plus que préoccupante il faut se demander ce qui relève d’une crise générale de l’institution universitaire en général, de la place et du rôle du savoir et de l’intellectuel dans la société globalisée, et ce qui traduit un dysfonctionnement spécifique à la France.
&lt;a href=&quot;http://www.journaldumauss.net/spip.php?article210&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lire la suite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/14/Alain-Caille-%3A-Penser-la-crise-de-luniversite-et-de-la-recherche-Premieres-reactions#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Vu d'ailleurs : la réforme universitaire en Allemagne</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/11/Vu-dailleurs-%3A-la-reforme-universitaire-en-allemagne</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Dec 2007 14:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Vincent</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Helvetica; font-size: 12px; line-height: normal; &quot;&gt;Vous trouverez en attaché un court document de Christian de Montlibert&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: Verdana; font-size: 10px; line-height: 15px;&quot;&gt; &lt;/span&gt;sur l'évolution récente des universités allemandes dans un contexte qui présente des similarités avec la loi LRU! C'est un CR d'une visite effectuée récemment. A conseiller aux incrédules, sceptiques et autres ..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
          <enclosure url="http://ens-mobilisation.alter.eu.org/public/BerlinWZB.pdf"
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      </item>
    
  <item>
    <title>Réflexions complémentaires (codicille 1)</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/11/Reflexions-complementaires-codicille-1</link>
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    <pubDate>Tue, 11 Dec 2007 00:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Vincent</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Comme je suis en train de préparer un cours sur le thème de &quot;l'école
juste&quot;, j'ai lu en partie le rapport de la commission Thélot,qui a mené
le &quot;grand débat sur l'école&quot; en 2003-2004. Et je suis tombé, sur ce
texte&amp;nbsp;significatif&amp;nbsp;(cf. ci-dessous), qui montre la continuité et le
caractère systématique de la restructuration du service public
d'éducation engagée par les gouvernements successifs depuis quelques
années. Et il est assez frappant d'observer la manière dont le chantier
a été conduit. Selon la fameuse formule de Deleuze, ils ont commencé &quot;à
penser par le milieu&quot; en s'attaquant d'abord au maillon faible (eh oui,
ces gens n'ont pas totalement oublié qu'ils ont&amp;nbsp;jadis&amp;nbsp;lu Lénine), en
l'espèce du second degré et plus particulièrement encore du collège (le
socle commun des connaissances et des compétences)&amp;nbsp;pour ensuite
s'attaquer, de manière proliférante, au supérieur (loir Recherche de
2006, création de l'ANR, des PRES, de l'AERES, la LRU en 2007) avant de
s'attaquer au premier degré, où l'offensive est en cours (réduction des
heures d'enseignement, et donc des contenus, etc.).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cette offensive systém(at)ique exprime une conception du monde cohérente et structurée, une véritable anthropologie politique qu'il faut parvenir à déconstruire. Schématiquement (parce qu'il est tard, que je suis fatigué et que je ne veux pas être trop long), elle repose sur un le postulat de l'individualisme méthodologique, le substrat théorique du libér(al)isme et défend subséquemment la forme politique du contrat, opposé au &quot;totalitarisme holiste&quot; de la loi, uniforme, présentée comme négatrice de toute individualité. Elle repose en outre sur la subtile confusion/identification de la justice et de la justesse autorisée par l'indétermination de l'adverbe et de de l'adjectif qui leur est commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref il y a du boulot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vincent Charbonnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;L'extrait que je cite du rapport de la commission Thélot,et intitulé&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour la réussite de tous les élèves&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&amp;nbsp;(La documentation française ; CNDP, 2004),&amp;nbsp;se trouve à la page 45, c'est-à-dire en conclusion de la première partie. Sa résonance avec la LRU est saisissante et ce n'est qu'un échantillon…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;« L’École a besoin d’établissements
(écoles, collèges, lycées) mieux mobilisés et responsables.&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-weight: normal;&quot;&gt; Le monolithisme
scolaire, si tant est qu’il ait jamais réellement existé, n’est plus
envisageable au sein d’une société aussi complexe et diversifiée que la nôtre.
L’École de la Nation, sans rien céder aux intérêts particuliers, exercerait mieux
ses responsabilités, serait plus efficace et plus juste dans le cadre d’une «
diversification maîtrisée » dont la clef de voûte serait l’établissement scolaire.
Pour assurer lamobilisation des volontés, des énergies et des compétences, l’échelle
la plus appropriée est bien celle de l’établissement. Cela implique de
renforcer la responsabilité des établissements scolaires et de leurs dirigeants
; de développer le sentiment d’appartenance et la cohésion au sein des
établissements ; d’améliorer la qualité de la vie à l’École ; de promouvoir une
culture et un usage de l’évaluation. Cette évolution suppose donc de définir et
de mettre en œuvre un nouveau rôle pour l’encadrement des établissements, et
aussi pour l’inspection, avec ses conséquences en termes de profils, de
nomination, de formation et, plus généralement, de politique de ressources
humaines.»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;!--StartFragment--&gt;
&lt;!--EndFragment--&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/11/Reflexions-complementaires-codicille-1#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques réflexions à propos de la LRU &amp; de questions plus générales</title>
    <link>http://ens-mobilisation.alter.eu.org/post/2007/12/10/Quelques-reflexions-a-propos-de-la-LRU-de-questions-plus-generales</link>
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    <pubDate>Mon, 10 Dec 2007 16:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Vincent</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;La liberté n’est pas la liberté des marchands&lt;/em&gt;&lt;br style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;J.-J. Rousseau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les
réflexions qui suivent pourront paraître schématiques ou elliptiques.
Elles s'entendent comme un essai de mise en perspective, pour alimenter
la réflexion et la discussion collective d'une lutte prolongée&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;br /&gt;La contestation de la loi relative aux « libertés et
responsabilités des universités » (LRU) y dénonce, à juste titre, toute
une série d’attaques solidaires contre une certaine conception du
service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui, en
dépit de carences, garantit encore l’accès du plus grand nombre à
l’université. L’aspect le plus saillant de cette loi réside dans la
refonte de la « démocratie institutionnelle » des établissements dans
le sens d’un &lt;em&gt;césarisme&lt;/em&gt; qui ne dit pas son nom. Celui-ci se
caractérise par un accroissement significatif des prérogatives des
responsables d’établissements, en particulier des présidents
d’université, par un accroissement de leur autonomie de gestion, du
patrimoine immobilier (cession, achat, location), &lt;em&gt;de tous les&lt;/em&gt; personnels – les fameuses RH – (recrutement, promotion, etc.), et bien sûr des modalités et des sources de financement [1].    &lt;em&gt;In fine&lt;/em&gt;, c’est l’autonomie scientifique et pédagogique des établissements – reconnue par tous les dispositifs législatifs depuis la loi Faure de 1968 en passant par la loi Savary de 1984 – qui s’en trouve profondément transformée dans le sens d’un ajustement des formations et de la recherche à des « bassins d’emploi » où bien encore aux intérêts bien compris d’un mécénat, dont la logique sous-jacente demeure, quoiqu’il puisse en protester, largement mercantile. En résumé, et conformément au discours et à la représentation du monde actuellement portés par la Droite française (Sarkozy et le MEDEF pour faire court), il s’agit non pas tant de transformer les universités en entreprises ès qualités que, plus subtilement, les homologuer réciproquement. L’enseignement supérieur produit en effet de la force de travail (des diplômés), avec cette dimension supplémentaire, que la fraction la plus « élevée » constituera le vivier du haut encadrement politique et scientifique, dont l’une des fonctions est aussi d’assurer la reproduction, économique, sociale, symbolique, politique, culturelle, de la formation économique et sociale (FES) de notre pays.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Cette fonction de reproduction élargie (économique et symbolique-culturelle) de notre FES, est en particulier assurée par l’enseignement supérieur (mais aussi et plus globalement par le système éducatif en sa totalité), n’est pas vraiment nouvelle, puisqu’elle a son origine dans la Révolution de 1789 et qu’elle a été réaffirmée à la Libération avec le programme du Conseil national de la Résistance. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est la nécessité d’un ajustement à la phase actuelle de la mondialisation capitaliste – mondialisation qui a commencé dès le XIXe siècle.&lt;br /&gt;Cette exigence d’ajustement implique une restructuration du dispositif public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), qui n’a pas attendu la LRU pour être entamée, et se distribue selon plusieurs facettes. Une première, généraliste s’atteste dans la création de la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF) [2]&amp;nbsp; et une seconde, plus spécifique, dans la création de l’Agence nationale de la recherche (ANR) puis dans la guirlande qui en a été développée dans l’onde de la loi sur la Recherche votée en avril 2006, avec la création des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), de l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), etc. De ce point de vue la LRU est plus une cerise sur le gâteau, un couronnement.&lt;br /&gt;Cet ajustement, n’implique pas, comme une conséquence apodictique (i. e. absolument nécessaire) la totale privatisation du service public de l’ESR. Le gouvernement actuel et plus globalement l’État n’y a aucun intérêt. C’est que l’ESR comprend des institutions économiquement, politiquement, culturellement et symboliquement cardinales pour le pouvoir d’État et qu’il n’est pas question de les céder totalement au « marché » et à sa « main invisible » (la transcendance à ses limites) et que, de surcroît, la majorité de la communauté universitaire enseignante n’y est pas favorable, y compris sa fraction la plus libérale, dont la CPU est, me semble t-il l’expression. Ceci s’explique d’abord, selon moi, par le fait que la tradition « libérale », ou mieux, « &lt;em&gt;libériste&lt;/em&gt; » – au sens de l’utile distinction que procure l’italien entre &lt;em&gt;liberismo&lt;/em&gt; (libéralisme économique) et &lt;em&gt;liberalismo&lt;/em&gt; (libéralisme politique) [3] – n’est pas, pour des raisons culturelles, très puissante au sein de la Droite française. Celle-ci est plutôt façonnée par la tradition bonapartiste, avatar du césarisme (cf. la conception de l’élection présidentielle comme « le rendez-vous d’un homme avec le peuple » qui a vécu jusqu’à Chirac au moins et qui eut également les faveurs de Mitterrand).&lt;br /&gt;Cette absence se traduit par un mixte, assurément impur, de libéralisme, d’autoritarisme et de dirigisme, dont on retrouve la trace dans la quasi-totalité des dispositifs évoqués plus haut. À cet égard les statuts-type des PRES sont très expressifs de ce mélange avec, déjà, un conseil d’administration restreint et une minoration conséquente de la place des usagers et des personnels, y compris et surtout des enseignants-chercheurs. J’ajoute que lors de la constitution des PRES le ministère a explicitement insisté pour que ceux-ci optent pour le statut d’Établissement public de coopération scientifique (EPCS) plutôt que pour le statut de fondation de droit privé par exemple – comme quoi la liberté à des limites… Cette restriction me paraît symptomatique d’une culture de l’État (mais pas nécessairement jacobine) extrêmement prégnante et qui ne paraît pas devoir se démentir.&lt;br /&gt;On pourra objecter le fait que Sarkozy et sa politique se positionnent explicitement dans une logique de « rupture », revendiquant leur atlantisme et leur « libér(al)isme ». Certes. Mais il me semble que cette rupture vise essentiellement son propre camp politique qui est loin d’être homogène et de lui être acquis, un camp avec lequel il doit donc composer et dont il cherche à conquérir « l’hégémonie » (Gramsci). Et puis, comme il se peut constater, encore aujourd’hui, le « libér(al)isme » n’est nullement incompatible avec l’autoritarisme (bien au contraire).&lt;br /&gt;Ce que la LRU met donc en place, c’est un changement des modes de « gouvernementalité » des établissements universitaires afin d’assurer leur compatibilité avec celle des PRES, dont j’ai rappelé l’insistance du ministère à privilégier le statut d’établissement public (EPCS) mais aussi renforcer la maîtrise politico-administrative des établissements d’ESR. Ce qui est escompté, avec des CA plus restreints, c’est précisément leur caractère plus résolument administratif et partant leur homogénéisation, de manière à faciliter la gestion tant politique qu’administrative. La LRU est donc le complément indispensable des PRES, son opérateur d’effectivité, et réciproquement, les PRES sont la doublure de la LRU (comme un manteau). L’AERES construira et renforcera la liaison entre les deux par le truchement de l’évaluation scientifique et administrative des établissements et des structures de recherche.&lt;br /&gt;Ce qui est relativement aberrant, mais compréhensible en définitive, c’est qu’une majeure partie des actuels responsables universitaires, au premier rang desquels les présidents d’université, est persuadée, avec une candeur confondante de naïveté, qu’ils vont enfin pouvoir être maîtres chez eux, qu’enfin ils auront les clés de leur (petit) royaume. Cela me suggère, de manière saisissante, un parallèle avec le mot d’ordre sarkozyste d’une France de propriétaires…&lt;br /&gt;Cette re-féodalisation de l’enseignement supérieur qui se met en place depuis quelques temps désormais et dont la LRU n’est que le dernier missile en date, ne doit donc pas nous faire oublier que le caractère démocratique de l’université, demeure un acquis récent et surtout précaire et partiel, un problème en somme. Il faut distinguer la question institutionnelle de la démocratie des instances et la question de la démocratisation effective de l’accès à l’enseignement supérieur qui reste encore à réaliser, c’est-à-dire aussi à penser, et qui ne doit surtout pas être confondue avec la massification. Il ne faut pas non plus mésestimer le fait que cette démocratisation est combattue par une fraction significative du milieu universitaire. Mais, le pire, car il y en a un, réside en ce que ce sont beaucoup de ceux qui se sont naguère battus contre le mandarinat, qui l’exhaussent aujourd’hui, sous couvert d’une &lt;em&gt;justice immanente&lt;/em&gt;, c’est-à-dire et en vérité, d’un &lt;em&gt;ajustement&lt;/em&gt; à la phase actuelle de la mondialisation capitaliste.&lt;br /&gt;Cette &lt;em&gt;re-féodalisation&lt;/em&gt;, pour spécifique qu’elle soit, ne se limite pas au seul secteur de l’ESR. Plus globalement elle peut s’observer et s’attester dans et par la reconfiguration de l’organisation politico-administrative de notre pays, (re-)lancée par Raffarin dès 2002 avec l’« Acte 2 » de la décentralisation. À bien y regarder en effet, la décentralisation sauce raffarine a plutôt consisté en une dissémination et en une re-centralisation à des échelons intermédiaires de segments cédés par le pouvoir central, lequel maintient toutefois quelques monopoles essentiels (la violence légitime notamment).&lt;br /&gt;Cette re-féodalisation s’anticipe également dans la « rénovation » de la fonction publique, et notamment celle de l’État (FPE), qui figure dans les projets du gouvernement et dont Sarkozy a esquissé les linéaments à Nantes en septembre 2007. La FPE est massivement composée de personnels de catégorie A, parmi lesquels les enseignant-e-s (du premier degré au supérieur) sont majoritaires. Or, on précisera que, pour ce qui concerne l’Éducation nationale, la décentralisation raffarine a essentiellement consisté à transférer (autoritairement) des personnels de catégorie C, notamment les techniciens et ouvriers de service (TOS) des collèges et lycées, vers la fonction publique territoriale (FPT). Il ne paraît pas incongru de penser que l’on s’achemine vers une reconfiguration globale de la FPE dans le sens d’une césure horizontale, qui aurait pour conséquence de « dégager » l’ensemble des catégories B et C, dont les effectifs sont comparativement faibles que les catégories A, vers la FPT, ou alors vers une « fonction publique (de) contractuel(le)s », et de restreindre ainsi la FPE à la seule catégorie A, la transformant ainsi en « fonction publique d’encadrement », dont le caractère « politique » sera renforcé, moyennant quelque carotte (indemnitaire).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Charbonnier&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;br style=&quot;font-weight: bold;&quot;&gt;[1] À cet égard, il faut être prudent et ne pas tomber dans les ornières d’une dénonciation généralisée, qui déduit, trop hâtivement selon moi, une privatisation totale des universités et de l’enseignement supérieur à court terme comme étant l’un des buts de la LRU. Il me semble que les choses sont plus complexes et que rien n’est moins sûr, j’y reviendrai plus loin. Signalons que la Conférence des présidents d’université (CPU) ne revendique nullement la privatisation et que, Michel Lussault, actuel président de l’université de Tours et vice-président de la CPU, a déclaré que, la mise en œuvre par un établissement public de financements originaires du privé est une forme de publicisation de ceux-ci. Cette position, vraiment subtile, témoigne d’une véritable réflexion de la part de la CPU, et ne peut pas être récusée d’un simple revers de manche.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;[2] La « philosophie » de la LOLF peut se résumer, schématiquement, comme l’exigence de faire strictement coïncider les actions et leur coût financier, de faire coïncider la justice (politique et morale d’une action), son intérêt social en somme, avec sa justesse comptable et financière au nom du principe économique de rentabilité plus ou moins inspiré de Leibniz (le maximum d’effet avec le minimum de dépense).&lt;br /&gt;&amp;nbsp;[3] Cf. les précisions d’André Tosel, &lt;em&gt;Démocratie et libéralismes.&lt;/em&gt; Paris : Kimé, 1995, p. 68 sq.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Pour une autre réforme de l'université</title>
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    <pubDate>Sat, 08 Dec 2007 13:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Comité de mobilisation</dc:creator>
        <category>Analyses</category>
            
    <description>&lt;p&gt;En réponse au mail «&amp;nbsp;L'ENS-LSH et la loi sur l'autonomie&amp;nbsp;» adressé par la direction à l'ensemble de l'école le 28 novembre, le comité de mobilisation de l'ENS-LSH (composé d'élèves, d'enseignants-chercheurs et de personnels de l'Ecole) souhaite vous exposer les raisons de son action et le maintien de son opposition à l'application de la loi LRU, à l'ENS-LSH comme ailleurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Une contestation légitime et collective de la loi LRU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout d'abord, nous estimons que le vote de cette loi durant les vacances universitaires, sans consultation des principaux intéressés (étudiants, enseignants et personnels) lui ôte une bonne part de sa légitimité. Au delà du contenu même de la loi LRU, l'absence de débat critique et la gestion dans l'urgence caractérisent un dossier qui est pourtant d'une complexité importante. Depuis quelques jours, deux pétitions émanant d'enseignants-chercheurs et de chercheurs ont recueilli un nombre important de signatures. Il s'agit de l'appel «&amp;nbsp;Pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche&amp;nbsp;» (7896 signatures le 30.11.07, sur le site Sauvons la recherche&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://tmp.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1772&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://tmp.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1772&lt;/a&gt;) et de la pétition «&amp;nbsp;Les présidents d’université ne parlent pas en notre nom - Pour une université collégiale&amp;nbsp;» (sur le site Sauvons l'université, 1750 signatures le 30.11.07&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.sauvonsluniversite.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.sauvonsluniversite.com&lt;/a&gt;/). De même, la motion de la première assemblée générale commune des collectifs «&amp;nbsp;Sauvons l’Université&amp;nbsp;! » et «&amp;nbsp;Sauvons la Recherche&amp;nbsp;» votée jeudi 29 novembre 2007 par plus de 400 personnes à Jussieu (individuels ou mandatés, venus de 22 universités et établissements), réaffirme son opposition à la LRU et appelle dès à présent l’ensemble des personnels de l’université et de la recherche à se mobiliser et faire entendre sa voix lors de la journée d’action avec grève et manifestations du jeudi 6 décembre&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article25&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Ces pétitions s'appuient sur un travail d'analyse émanant des milieux de la recherche et de l'enseignement supérieur qui n'a pas été pris en compte dans l'élaboration de la loi. Compte-tenu de la complexité et des enjeux de l'enseignement supérieur et de la recherche pour notre société, rappelons qu'il avait fallu, de 1981 à 1982, plus d'une année de consultations et de débats largement ouverts (Colloque national «&amp;nbsp;Recherche et technologie »)&amp;nbsp;: pourquoi prétendre régler aujourd'hui de manière autoritaire et dans l'urgence ce que chacun sait être des problèmes nécessitant le temps de la réflexion collective&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Lutter pour plus de démocratie et de collégialité dans l'enseignement supérieur et la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ensuite, nous tenons à rappeller que notre position ne porte pas sur les conséquences de cette loi pour l'ENS-LSH, mais sur ce que cette loi implique en général, pour l'ensemble de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les étudiants de l'ENS d'aujourd'hui sont les acteurs de l'université de demain et pas seulement les élèves d'une École.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est en bonne partie à cause du manque de garanties sur les objectifs et les principes qui orienteront les compétences élargies des établissements - et surtout de leur présidence - que nous continuons à nous opposer à cette loi. Il nous semble que la revendication d'un pouvoir plus fort de la présidence - quand ce serait «&amp;nbsp;pour faire le bien&amp;nbsp;» - est incompatible avec les principes de la démocratie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pointons de plus la contradiction qu'il y a d'une part à développer partout des modes de régulation participatifs, tout en renforçant les pouvoirs de la présidence au détriment de la collégialité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Une «&amp;nbsp;autonomie&amp;nbsp;» très asymétrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si cette loi parle d'autonomie, celle-ci est toute relative, et surtout elle est orientée au détriment du contrôle collégial des pairs par les pairs. Certes, cette loi encadre certains fonctionnements de la présidence. Mais, elle ouvre surtout des possibilités tout à fait condamnables, dont l'un des meilleurs exemples est la manière dont la LRU applique et étend aux universités les dispositions de la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finance).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette LOLF instaure un changement profond dans la manière dont l’État accorde ses crédits aux organismes publics. Elle contient notamment, cela a été expliqué plusieurs fois en AG, un dispositif qui porte le nom de «&amp;nbsp;fongibilité asymétrique ». Avec la LOLF, lorsque l’État accorde ses crédits, il les répartit en différents types de dépense, en général trois&amp;nbsp;: le fonctionnement, l’investissement et le personnel. La «&amp;nbsp;fongibilité&amp;nbsp;» est un dispositif qui permet de transférer les crédits affectés à un type de dépense vers un autre. Mais en l’occurrence, cette fongibilité est «&amp;nbsp;asymétrique&amp;nbsp;» : si les crédits du personnel peuvent être affectés à l’investissement et au fonctionnement, l’inverse n’est pas possible. Concrètement, cela signifie que si un organisme public doit faire des économies, il ne peut les faire que sur le personnel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La LRU applique logiquement cette mesure aux emplois qui étaient déjà soumis à la contractualisation et à l’externalisation (personnels administratifs et techniques) et, ne serait-ce que pour cette raison, elle remet en cause le principe même d’une «&amp;nbsp;gestion prévisionnelle des emplois ». Mais la LRU va plus loin&amp;nbsp;: elle permet désormais au seul président de recruter un enseignant-chercheur en tant que contractuel. À cet égard, elle ne fait pas que renforcer la précarisation&amp;nbsp;: elle l’étend à des emplois qui étaient jusqu’alors assez peu touchés (enseignants-chercheurs et chercheurs) et auxquels, précisément, se destinent nombre d’étudiants de l’ENS LSH…&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au-delà du simple intérêt des étudiants de l’ENS LSH, la LRU fait peser une menace sérieuse sur les emplois de tous les acteurs du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. En accordant à une seule personne des compétences élargies, elle remet en cause la qualité de l’emploi pour tous.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Agir en proposant des alternatives démocratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Qu'une réforme de l'enseignement supérieur et de la recheche soit aujourd'hui nécessaire, nous ne le nions pas. Mais nous restons convaincus que la réforme entreprise par cette loi va dans une direction tout à fait mauvaise, pour des raisons que nous avons de nombreuses fois exposées dans nos tracts et reprises aux AG, et que nous continuerons à exprimer.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous tenons également à opposer à la loi LRU des contre-propositions, élaborées comme cela aurait dû être fait dès le départ - par une consultation démocratique de tous les acteurs précités. À cet effet, nous vous invitons à participer à la journée banalisée du 5 décembre, au cours de laquelle nous commencerons à mettre en place cette réponse à la loi LRU. De nouvelles compétences, oui - mais lesquelles et pour quoi&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le comité de mobilisation de l'ENS-LSH.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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