Cette offensive systém(at)ique exprime une conception du monde cohérente et structurée, une véritable anthropologie politique qu'il faut parvenir à déconstruire. Schématiquement (parce qu'il est tard, que je suis fatigué et que je ne veux pas être trop long), elle repose sur un le postulat de l'individualisme méthodologique, le substrat théorique du libér(al)isme et défend subséquemment la forme politique du contrat, opposé au "totalitarisme holiste" de la loi, uniforme, présentée comme négatrice de toute individualité. Elle repose en outre sur la subtile confusion/identification de la justice et de la justesse autorisée par l'indétermination de l'adverbe et de de l'adjectif qui leur est commun.

Bref il y a du boulot !

Vincent Charbonnier

L'extrait que je cite du rapport de la commission Thélot,et intitulé Pour la réussite de tous les élèves (La documentation française ; CNDP, 2004), se trouve à la page 45, c'est-à-dire en conclusion de la première partie. Sa résonance avec la LRU est saisissante et ce n'est qu'un échantillon…

« L’École a besoin d’établissements (écoles, collèges, lycées) mieux mobilisés et responsables. Le monolithisme scolaire, si tant est qu’il ait jamais réellement existé, n’est plus envisageable au sein d’une société aussi complexe et diversifiée que la nôtre. L’École de la Nation, sans rien céder aux intérêts particuliers, exercerait mieux ses responsabilités, serait plus efficace et plus juste dans le cadre d’une « diversification maîtrisée » dont la clef de voûte serait l’établissement scolaire. Pour assurer lamobilisation des volontés, des énergies et des compétences, l’échelle la plus appropriée est bien celle de l’établissement. Cela implique de renforcer la responsabilité des établissements scolaires et de leurs dirigeants ; de développer le sentiment d’appartenance et la cohésion au sein des établissements ; d’améliorer la qualité de la vie à l’École ; de promouvoir une culture et un usage de l’évaluation. Cette évolution suppose donc de définir et de mettre en œuvre un nouveau rôle pour l’encadrement des établissements, et aussi pour l’inspection, avec ses conséquences en termes de profils, de nomination, de formation et, plus généralement, de politique de ressources humaines.»